Histoire

L’origine du nom :

Le village s’appelait auparavant Saint-Genouph et sa paroisse faisait partie de la seigneurie de La Ferté-Imbault. Le saint Saint-Genouph, dénommé plus fréquemment saint Genou ayant vécu à proximité (une fontaine, bâtie sur une source, porte encore son nom et fait l’objet d’un pèlerinage à la Pentecôte).

Saint Genou est l’un des bons saints les plus réputés de la Sologne. La source est surmontée d’une petite construction en briques que l’on décore de feuillages le jour du pèlerinage. Le sacristain vend l’eau de la fontaine aux pèlerins. Saint Genou guérit les rhumatismes, les maux de jambes, de « genou » en particulier.

Plusieurs légendes ont été recueillies à propos de la source :

  1. « De cette fontaine, le bon saint Genou, charpentier, jeta son marteau à quelques centaines de pas plus loin, à l’ouest, toujours sur le bord du Naon. Une autre fontaine qui existe encore  aujourd’hui, mais qui n’a plus aucune vertu spéciale, jaillit à l’endroit où tomba le marteau.
  2. « Saint Genou, sainte Montaine, sainte Solange (patronnes du Berry et de la Sologne) étaient frères et sœurs et se réunissaient quand ils voulaient se voir à la fontaine. Il y a à Selles-Saint-Denis un lieu où ils se réunissaient tous les trois quand ils voulaient se voir, mais son emplacement ne paraît pas connu ; peut-être est-il à proximité de la fontaine ?
  3. « Saint Genou, charpentier, étant sur le faîte de la chapelle qui se trouve au milieu du bourg, lança son marteau en l’air en disant : « Où mon marteau tombera, ma source se fera. » Elle jaillit à une demi-lieue du point de lancement.

L’eau de la fontaine et les ensorcelés :

En 1947, un informateur a affirmé à Bernard Edeine que « les sorciers ou voyantes envoient encore les gens qui se croient possédés ou ensorcelés à la fontaine Saint-Genou. On y va à minuit au clair de lune avec un seau. On remplit le seau avec l’eau de la fontaine et en regardant à la surface de l’eau on voit la figure de la personne qui vous veut du mal ».

Les « j’teux d’sorts » :

« C’était jadis des sorciers particulièrement redoutés. Ils furent – à Selles-Saint-Denis – la cause du terrible drame qui conduisit ses auteurs à l’échafaud, le 26 janvier 1887. Les époux Thomas, peu intelligents, très enclins à la sorcellerie, vivaient avec la mère de la femme qui les aidait dans les travaux quotidiens. De multiples ennuis étant survenus dans la maison, ils allèrent consulter un sorcier qui leur dit ; « Tout vient de la femme qui vit avec vous. Elle a introduit un esprit malfaisant dans votre maison ; vous ne pouvez conjurer le mauvais sort qu’en la brûlant. » Ils le firent – dans la cheminée – après avoir arrosé de pétrole la malheureuse… Le sorcier avait aussi précisé que qu’au moment où la victime rendrait le dernier soupir, l’esprit malfaisant sortirait d’elle et que, si une bouteille vide se trouvait alors près de la cheminée, l’esprit irait s’y réfugier. Le conseil fut suivi. Après la mort de la mère, la fille boucha hermétiquement la bouteille et alla la jeter à la rivière. Les époux Thomas furent guillotinés à Romorantin. »

La Chapelle :

Située au centre du bourg, une chapelle, où des peintures médiévales ont été redécouvertes lors d’une restauration, porte également ce nom.

Le village a pris ensuite le nom de Saint-Denis, autre saint qui a fourni son aide pour l’église du même nom.

Enfin, le village a pris le nom de Selles-Saint-Denis.

Au cours de la Révolution française, la commune porta provisoirement le nom de Celles-sur-Saudre.

La commune voisine de La Ferté-Imbault a perdu son autonomie administrative à la Révolution pour faire partie de Selles-Saint-Denis jusqu’en 1860, puis retrouva son indépendance.

 

Source : Wikipedia & Terre de Sologne