Témoignages de la dernière exécution publique

En 1887, les époux Thomas sont guillotinés sur la place de la Paix, la dernière exécution publique d’une femme en France. Des traces écrites subsistent.

Le lundi 24 janvier 1887 à 7 h et demi du matin, exécution des époux Thomas Lebon sur cette place pour avoir brûlé leur mère à Selles-Saint-Denis. Encore aujourd’hui, cette histoire est littéralement gravée dans les murs de la tour surplombant l’actuelle place de la Paix. A de nombreux exemplaires. « En voyant le nombre d’inscriptions, on voit que cette exécution a marqué les gens, souligne Pascal Nourrisson. Les inscriptions sont certainement d’époque vu la calligraphie qui est typique. »

L’auteur prépare un ouvrage sur le Loir-et-Cher insolite. Les témoignages de cette exécution figureront dans son livre à paraître en octobre. L’histoire de cette exécution est connue, le couple a été jugé par la cour d’assises du Loir-et-Cher en novembre 1886 pour parricide devant un public en nombre et la presse locale et nationale.
Tout débute à Selles-Saint-Denis dans la ferme du Luneau où vivent modestement Sylvain Thomas, sa femme Georgette, née Lebon, leurs trois enfants et la grand-mère Marie Lebon.

La vieille dame brûlée dans la cheminéeLes mauvaises récoltes s’accumulent, il faut trouver un bouc émissaire. L’aînée du foyer est le coupable idéal. A l’époque, superstitions et mythologies sont ancrées a cheminée. « Un moyen de se débarrasser du mauvais sort », indique Pascal Nourrisson. Le couple, épaulé par les deux frères de Georgette, brûle la vieille dame, aspergée de pétrole, dans la cheminée de la ferme. 

Le couple sera « trahi » par le témoignage de leur dernière, Eugènie, 8 ans, qui a assisté à la scène et qui la raconte naïvement aux jurés. Sans surprise, les jurés condamnent les parricides à mort et les deux frères aux travaux forcés. Le couple ne s’attendait pas à cette issue. « Jusqu’au bout, ils ont cru que le Président de la République userait de son droit de grâce », raconte l’auteur. Il n’en est rien.

Les deux parricides sont transférés à Romorantin où la foule est présente autour de la place d’Armes. « Il y a plus de 2.000 personnes, à l’époque, on vient au spectacle, rappelle Pascal Nourrisson. Les élus sont au balcon de la tour. » Les Thomas montent à l’échafaud vêtus d’une chemise blanche et d’un voile noir, l’habit traditionnel des parricides. Georgette Thomas est la dernière femme exécutée publiquement en France.